642 572 visites 6 visiteurs

Stade Marius BERLIET - Disparition d'une légende de l'ovalie régionale

28 mai 2013 - 18:57

Disparition du Stade Marius BERLIET

Disparition d'une légende de l'ovalie régionale... 

En ce pluvieux mois de mai 2013, sous les coups de boutoir rageur des pelles mécanique, notre antre du Parc des Sports Marius BERLIET va disparaître. A l'abandon, à l'orée de ses soixante dix ans qui devaient sonner l'an prochain, sa destruction était programmée et déjà entamée depuis de nombreux mois. Nous allons vous raconter son histoire. 

En 1944, sur un terrain mis à la disposition par l'usine BERLIET alors sous le contrôle de la gestion ouvrière, sa réalisation est entreprise sous la responsabilité d'André Kurtz, un délégué syndical du Comité d'Entreprise. En dehors des heures de travail, très souvent le week-end, une équipe de volontaire vient travailler bénévolement à la construction des terrains, des clôtures, des pistes, aires de sauts ou de lancers ainsi qu'à la plantation de nombreuses essences d'arbres, avec l'aide financière du Comité d'Entreprise ; les matériaux et matériels étant fournis par l'usine. Il est implanté sur Saint-Priest en bordure de l'avenue B alors frontière entre les départements du Rhône et de l'Isère et vient remplacer l'ancien stade (plutôt une aire de jeu en plein vent) situé à proximité de la route de Lyon coté Bron/Parilly. Les vestiaires vétustes sont toujours situés au sud-ouest à proximité de la porte C dans un bâtiment disparu depuis longtemps. Des douches très rustiques, installées dans une salle commune, sont alimentées par une chaudière à bois. L'entretien, la mise en œuvre des installations sont assurés par les services de l'usine. On ne comptait plus les douches froides imposées par une panne... ou le gel.

                                    
A proximité une porte, dans la clôture, permet l'accès aux terrains et non loin de là un petit cabanon en dur, contre le mur coté Cité, tient lieu de buvette les jours de matches. Par contre l'entrée principale se trouve en face de la porte B, car l'Avenue B n'existe pas , ce qui permet l'implantation de deux terrains dans le sens de la longueur, rugby et football à l'origine ; sur le terrain d'honneur la tribune en dure est encadrée de deux gradins en bois. Des terrains de basket, de handball, de volley (ces sports pratiqués en plein air à l'époque) ainsi qu'une piste circulaire d'athlétisme en mâchefer, les aires de lancers et de sauts sont intégrés dans l'enceinte. L'ensemble du parc est fermée par un portail surmonté du nom d'un syndicaliste résistant : Stade Auguste Delaune. Après l'autogestion, en 1948, il sera rebaptisé Parc des Sports. Les apéritifs d'après match sont servis au Cercle des Ingénieurs, un bâtiment également disparu, à proximité de la porte C. Les sièges successifs du club du S.A.L. Rugby seront la Brasserie de l’Étoile à l'extrémité Est du pont de la Guillotière à Lyon, le Cambrinus avenue Berthelot, l'Avenir avenue du professeur Santy (8em), le Savoyard à Saint Priest puis le Commerce chez Allardon avant de disposer d'un Club House.

En 1959 le projet de réorganisation du stade se concrétise et sera présenté au ministre des sports Maurice Herzog en tournée d'inspection. L'avenue B passe désormais au milieu du Parc des Sports devenu Stade Marius Berliet en mémoire du fondateur de l'entreprise du même nom. Les nouvelles installations seront inaugurées le 15 mai 1960 lors de la brillante fête annuelle du club qui rassemble toutes les sections ; ces dernières défilent sur la piste au son de la musique de la Batterie Fanfare (60 exécutants). Particulièrement luxueuses pour l'époque elles comprennent vestiaires, douches, salles de réception. Par la suite, souvent modifiées, les bénévoles installeront un bar-buvette (salle Golzio) qui deviendra ces dernières années une salle de musculation. En 1967, un Club House tout neuf, comprenant salle de réception et secrétariat, est mis à la disposition de l'association au rez de chaussée de la Maison des Célibataires de la Cité Berliet.

                                   

Le nombre de sections va augmenter d'année en année : marche, Plein Air, rugby, le football s'implante rapidement sur Saint-Priest, basket, gymnastique, tennis, natation, boules, athlétisme, ski, batterie/fanfare puis yachting, cyclotourisme, pétanque, artistique, secourisme, sports aériens, sports équestres, ball-trap, préparation militaire... pour atteindre au total plus de 4000 membres vers la fin des années soixante dix.
Il faudra attendre début 1987 pour que la section Rugby , grâce au président de l'Omnisports Michel Housse, dispose du Club House à l'intérieur du stade. Pendant plus de six mois joueurs et dirigeants, sous la houlette d' Alain Pépin et Bernard Mourgeon, mettent la main à la pâte et au portefeuille pour équiper et agencer les lieux. C'est probablement son stade et ses installations qui ont permis à la section de survivre après le terrible couperet tombé en 1977, lors de la suppression des subventions accordés par l'usine voisine, cette décision amenant la disparition de nombreuses activités au sein du S.A.L. 

 
Cet espace mythique, dont l'entretien est à la charge du club depuis 1974, constituera le cœur, le pivot de la section Rugby, lieu de rassemblement de la « famille stadiste » qui va connaître là des soirées mémorables, des réunions chaleureuses, parfois orageuses. Plusieurs générations bénéficieront des locaux dont la disponibilité et la largesse d'horaires n'avait pas d'égal comme d'ailleurs la qualité de la pelouse du terrain d'honneur dont la rusticité et la robustesse permettait d'évoluer par tous les temps. Ce vieux terrain, avec son annexe en bordure de la route de Lyon, constituait une véritable plaine de jeu, aux frontières de Saint-Priest, Lyon et Vénissieux. Souvent mis à la disposition des clubs du Comité du Lyonnais, au mois d'avril de 1970 à 1973, le Tournoi National Inter-Comités Cadets réunira des sélections régionales au sein desquelles évoluaient nombre de joueurs qui connaîtront plus tard le niveau international. En 2003, avec le concours déterminant de la municipalité sanpriote, le Rugby déménageait sur les installations modernes et confortables du stade Mendès France ; le site étant préalablement occupé dès 1997 par l'école de rugby.
Ce n'est pas sans un pincement au cœur et beaucoup de tristesse que nous tous, qui avons passé notre jeunesse et pour beaucoup une tranche de notre vie en ces lieux, voyons s'écrouler et se transformer ce quartier qui était un peu « notre chez nous ». Non sans nostalgie, par la pensée nous faisons une promenade, à travers près de soixante dix ans de Rugby au Stade Auto Lyonnais, imprégnés de sueur, de joies, de fêtes, de peines, de blessures et de dévouement.

                                                 

Reviennent alors en mémoire les visages d'amis disparus. Que de souvenirs : des heures de gloire comme des douloureuses défaites, des profondes et durables amitiés partagés en cet endroit légendaire lequel, pour de nombreuse générations de rugbymen « Sang et Or », dira encore longtemps tant de choses à nos esprits et à nos cœurs.

Les clameurs se sont tues sur le stade Berliet mais la vie continue. La relève est là, installée sur un nouveau site, moderne et plus confortable, elle est prête à vivre et à écrire de nouvelles et glorieuses pages de l'histoire de notre club. Alors, tous ensemble crions et chantons encore : « Allez les rouge ! Allez les jaune ! Allez les rouge et jaune ! ».


Charles JOCTEUR - Mai 2013

Commentaires

DERNIÈRES MISES À JOUR

12/03/2017 : Les résultats du week end

13/03/2017 : La brochure et affiche du Tournoi 'Les gones sanpriots'

16/03/2017 : Courriel d'informations N°9

02/04/2017 : Résultats du week end 

13/04/2017 - Arrivée de l'équipe russe du PRIMOREC

16/04/2017 : Le TGSP et la visite de l'équipe de PRIMOREC

+